Douce oisiveté

Douce oisiveté

Produire, être actif, ne jamais s’arrêter. Le temps ne semble avoir de la valeur que lorsqu’il est investi à faire quelque chose. Lorsqu’on s’assoit quelques instants, la culpabilité nous assaillit. Quand on n’a pas prévu mille et une activités à faire le week-end, nos collègues nous regardent d’un drôle d’œil. Pourquoi est-ce si difficile pour nous d’accepter de ne simplement rien faire ?

« L’être humain a véritablement besoin de vie et de temps pour ne rien faire. Nous sommes dans une pathologie du travail, où toute personne qui ne fait rien est forcément un fainéant. » – Pierre Rabhi

Être et faire ; deux états qui sont tellement liés que l’un ne semble pas exister sans l’autre. La preuve, quand on rencontre quelqu’un, on lui demande en premier « Que fais-tu dans la vie ? » ; le travail définissant et catégorisant tout de suite un individu dans nos sociétés modernes. À tel point que les chômeurs se sentent exclus, comme s’ils vivaient dans un monde à part puisqu’ils ne sont pas en mesure de « produire ».

Mais qui dit que déployer constamment beaucoup d’énergie à une tâche quelconque est synonyme d’efficacité ? De la même manière que la nuit porte conseille et que des temps de recul nous aident à y voir plus clair, des périodes d’arrêts permettent une meilleure réflexion. Ces moments d’inaction nous aident à murir un projet et à développer notre créativité. D’où l’importance des flâneries et de tous ces petits instants passer à rêvasser et à se prélasser, sans culpabilité, puisqu’on sait qu’ils nous sont bénéfiques.

« L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions. » – Albert Jacquard

Si cette douce oisiveté permet de s’accomplir simplement dans l’inaction et la contemplation, elle peut aussi prendre la forme d’une activité choisie, contrairement à celles imposées, tant que celle-ci nous apporte du bien-être. Une activité que l’on prend le temps de faire, sans pression. On ne s’en porte ensuite que mieux.

Nathalie

Nathalie est l'éditrice et fondatrice de "Doux You Love Me".

2 Commentaires
  1. J’ai adoré lire cet article, je le trouve tellement vrai! Cette fameuse question du : « Que fais-tu dans la vie? » qui nous donne l’impression de ne rien faire d’intéressant quand on n’a pas la chance d’avoir un travail fixe. J’ai toujours envie de répondre : « Je cherche pour le moment, mais tu sais, il n’y a pas que ça dans la vie! »
    On est dans une société dans laquelle il faut en faire toujours plus, toujours plus vite… Cela rend les moments de « douce oisiveté » encore plus savoureux. 😉

    1. Effectivement, il n’y a pas que ça dans la vie ! Les gens s’étonnent quand on a pas les même priorités. Mais au final, chacun fait ses choix et décide de mener la vie qu’il souhaite (dans la mesure du possible)…

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